20251102_Angelus du Pape

Angélus: «Le Royaume de Dieu se répand même au milieu de l’ivraie»

Lors de la prière de l’Angélus à Castel Gandolfo où il effectue sa pause estivale, le Pape a encouragé chacun des fidèles à «devenir la petite graine de l’Évangile qui germe et le levain d’amour qui transforme la pâte du monde». Il a également exhorté à adopter un «style évangélique, sans nous opposer précipitamment par des jugements arrogants, sans nous imposer par le pouvoir et la force, sans perdre confiance en l’œuvre de Dieu».
 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

S’appuyant sur l’Évangile du jour de saint Matthieu (Mt 13, 24-43), dans lequel le Seigneur fait comprendre que «le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ», le Pape est revenu dans son exhortation sur trois petites paraboles: «Le bon grain et l’ivraie, le grain de moutarde, le levain dans la farine». Elles «visent à rappeler l’avènement du Royaume de Dieu dans l’histoire, son action dans la vie des hommes, la manière dont il grandit, se développe et transforme le monde de l’intérieur», a-t-il noté.

Faire confiance au Seigneur

Dieu a sa manière d’agir «dans notre vie et dans l’histoire», précise le Souverain pontife. Son Royaume «se répand même au milieu de l’ivraie et nous demande un regard capable de saisir le bien qui germe même dans les ténèbres du mal, sans tout juger aussitôt», a expliqué Léon XIV; «il vient comme la plus petite des graines et exige donc la patience de savoir accompagner les processus, en le reconnaissant dans la petitesse du quotidien et dans la simplicité de la vie ordinaire». Ce royaume, a-t-il encore ajouté, «grandit de manière invisible, comme le levain dans la farine, et ainsi, il nous libère du découragement et nous invite à avoir confiance même lorsqu’il nous semble que Dieu est absent». Car en réalité, «Il nous accompagne toujours et son amour est toujours à l’œuvre pour nous».

Poursuivant, le Pape est revenu sur le fait que parfois «nous nous attendons à quelque chose de spectaculaire, nous souhaitons un Dieu qui intervienne d’en haut pour arracher immédiatement l’ivraie du mal. Nous imaginons un Dieu fort et puissant et, malheureusement, c’est à cette image que nous adaptons également notre manière d’être chrétiens et d’être Église». Au contraire, a-t-il insisté: «le Royaume de Dieu se répand même au milieu de l’ivraie».

 

La plus petite des graines qui fait lever la pâte en silence

Par ces récits, a souligné l’évêque de Rome, «Jésus nous met en garde contre la tentation de considérer Dieu comme une figure puissante, qui s’impose par la force, qui occupe l’espace pour dominer, qui arrive de manière triomphante». Dieu, estime Léon XIV, privilégie «la petitesse, signe de son amour discret, qui nous laisse libres de l’accueillir ou de le refuser, qui cherche à se frayer un chemin» même au milieu de l’ivraie, qui agit de «manière cachée et invisible comme la plus petite des graines et qui fait lever la pâte en silence».

Un style évangélique

Concluant son exhortation, le Pape Léon XIV a encouragé chacune des personnes présentes à adopter un «style évangélique, sans nous opposer précipitamment par des jugements arrogants, sans nous imposer par le pouvoir et la force, sans perdre confiance dans l’œuvre de Dieu». Il s’agit – disait le cardinal Ratzinger de l’époque dans son discours lors du Congrès des catéchistes et des professeurs de religion, le 10 décembre 2000 – de «nous soumettre à la logique de la graine, qui n’est pas celle du succès et de la grandeur, mais qui nous demande de nous faire petits et de servir la vie des personnes». Ainsi, a ensuite terminé Léon XIV, «nous deviendrons nous-mêmes comme une petite graine d’Évangile qui germe et comme un levain d’amour qui transforme la pâte du monde».

Source: Vatican News